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Danse par effraction au Bolchoï

  • Par Marie Lechner
  • 05.04.2002
  • Liberation (Paris, France)
  • "Performance"

Igor Stromajer, le géant slovène, frappe à nouveau. Rappel des faits : en 1999, il investit l'opéra de Ljubljana pour chanter à plein poumons l'Oppera Teorettikka Internettikka, autrement dit le texte html de ses oeuvres de net-art (lire Libération du 2 février 2001). Le 28 mars 2001, il danse le Ballettikka Internettikka - Part 1, un netballet retransmis en live. Le principe : danser devant une webcam. «L'image transférée sur le Net est rafraîchie toutes les vingt secondes. Elle n'offre aux visiteurs qu'une partie de l'histoire. Au spectateur d'imaginer ce qui se passe pendant ce laps de temps», expliquait alors l'artiste. Une performance qui lui a valu un  remier prix au Festival international du film de Moscou. Le 28 mars 2002, date anniversaire, il décide, avec son comparse le compositeur MC Brane, de faire un Remake Ballettikka Internettikka - Part 2, mais, cette fois, dans le temple du ballet classique, le célèbre théâtre du Bolchoï à Moscou. «Je voulais le démystifier, danser là-bas en tant qu'amateur.» Pendant près d'un an, il essaye par tous les moyens d'obtenir l'accord du Bolchoï. «Je ne demandais pas le hall principal, l'ascenseur m'aurait suffi. J'étais même prêt à payer 1 000 dollars pour pouvoir y danser quinze minutes, dit-il. Mais rien à faire, ils ont probablement pensé que j'étais fou.» Loin de baisser les bras, ils décident de pénétrer dans la forteresse de manière tout à fait illégale. Les deux énergumènes préparent soigneusement leur coup, étudient les plans du bâtiment, repèrent les issues de secours et imaginent trois stratégies pour entrer dans le lieu. Le jour dit, alors que se jouait l'opéra The Tzars Bride, ils tentent une première entrée. «Option 1 : James Bond. Acheter à l'avance les tickets pour le spectacle, emprunter l'entrée principale et se diriger en toute discrétion vers les toilettes pour exécuter le ballet», expliquent-ils sur le site. Premier échec, les portables et autres téléphones mobiles qu'ils transportaient sur eux n'ont pas échappé à la perspicacité des agents de sécurité qui les ont gentiment raccompagnés. Deuxième option : l'«art invasion», réussie cette fois : «A 19 h 49 GMT + 3, les deux artistes sont entrés dans le Bolchoï via une petite fenêtre de l'aile droite du building et ont exécuté le ballet dans la partie abandonnée de la cave. Ils ont quitté le bâtiment sans encombre à 20 h 17 GMT + 3», précise le compte-rendu. Ils n'ont donc pas eu à activer l'option 3, nom de code «US dollars», consistant à graisser la patte du portier. En direct sur le Net donc, à 20 heures GMT + 3 soit 18 heures à Paris, Igor Stromajer, en costard cravate noir, chemise blanche et le crâne lisse revêtu d'un filet de perles, se tortille devant sa webcam, à la lueur tremblotante de deux lampes- torches. MC Brane assure le son. Le résultat est encore plus étrange que la précédente édition. Les visages blafards, les regards aveuglés, les mouvements syncopés des corps plongés dans une semi-obscurité, l'impression d'enfermement et d'isolation font de ce «ballet» une expérience underground surprenante.

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